Factotum

Charles Bukowski a écrit un roman dont le personnage principal est à son image: il enchaîne petits boulots (Chinaski, you’re fired) pour vivre à fond dans l’alcoolisme, l’écriture, les femmes, le jeu. J’ai eu le sentiment d’un patchwork de pêchés (alcool, puis femme, puis alcool, puis jeu, puis puis puis) mais sans que Chinaski en tire une personnalité cohérente. Et je me suis terriblement ennuyé devant cette langueur monotone qui a sévit tout le long du film.

Matt Dillon qui incarne Chinaski réussit l’exploit de transformer ce sale type en quelqu’un d’attachant. Mais était-ce vraiement le but?

Match Point

J’ai beaucoup aimé ce dernier Woody Allen, qui ne ressemble à aucun des Woody Allen que j’avais vu jusqu’à présent. Bien sûr, le réalisateur qui a une cinquantaine de films a son actif a déjà fait de très bons films, mais étrangement, on reconnaissait toujours sa patte, même quand il n’était pas dans le casting (c’était, je trouve le cas de Melinda et Melinda).

Ici, Woody Allen a fait un film qui ne lui ressemble pas. Bien sûr, il s’agit d’une histoire d’amour mais le milieu est la haute aristocratie anglaise (à voir en VO, les dialogues sont un régal à écouter) ; on est bien loin du loser new-yorkais. Même avec un un schéma très classique de ménage à trois, le scénario arrive à nous surprendre à la fin (alors que la conclusion est pourtant parfaitement logique).

Je recommande totalement.

A history of violence

Un film sur la violence, c’est toujours d’actualité… Ici, ça se passe dans une petite ville des États-Unis où deux violents étrangers débarquent dans le petit restaurant de Tom Shall (Viggo Mortensen). Celui-ci défend étonnement efficacement ses employés et clients, et Tom, le gentil père de famille, devient le héro des média. Bientôt, d’autres crapules venues de Philadelphia viennent demander des comptes à Tom Shall, en l’appellant pas un autre nom.

Dans ce film Cronenberg pose la question: l’Homme est-il bon? Tom est-il le bon père de famille que tout le monde voit? Bien sûr que non! Derrière ses gentilles apparences, Tom est un tueur. Cela donne naisssance à un personnage un peu schyzophrénique, et le film ressemble sous cet aspect à Bourne Identity.

Je ne m’attendais pas à ce genre de film, mais dois avouer que j’ai plutôt aimé. J’ai en particulier apprécié la scène où le fils de Tom casse la gueule d’un mec qui le cherche depuis longtemps. On ne sait pas trop si c’est l’assurance que lui a donné le geste de son père, ou bien si c’est la volonté d’être aussi fort que papa, ou bien si c’est simplement l’instinct de survie qui prend le contrôle; en tout cas, le fiston a bien les gènes de la violence encrés en lui. Derrière les vernis de la bonne conduite en société, on aurait tous ce comportement de tueur?

J’ai aussi été troublé par la violence des scènes de sexe, qui arrivent de façon inattendue. Je ne sais pas trop quoi en penser d’ailleurs? Est-ce de la provocation de Cronenberg? Est-ce pour rappeler le côté sauvage et bestial de l’Homme?

Oliver Twist

Je n’ai pas été déçu de l’adaptation par Polanski du roman éponyme de Dickens. Les acteurs sont excellents, l’histoire est très fidèle au roman, les décors sont parfaits et l’atmosphère victorienne de Londres est pénétrante. Je regrette simplement quelques passages un peu longs (le film dure tout de même plus de 2 heures).

Les frères Grimm, Oliver Twist et Les noces funèbres

Personne ne voulait aller jouer au badminton hier soir, alors j’ai rattrapé ma soirée en allant voir les frères Grimm. Terry Gilliam s’est lâché et a construit un conte pour adulte assez drôle qui a lieu dans un univers complètement loufoque. Dommage que le film mélange un peu trop les genres (comédie, horreur, parodie, dramatique, romance).

J’attends maintenant avec impatience Oliver Twist l’adaptation par l’excellent Roman Polansky du roman éponyme de Dickens. Et la bande annonce du prochain film d’animation de Tim Burton, Corpse Bride , a retenu toute mon attention. J’avais adoré Nightmare before Christmas et sa bande son (que j’ai cru reconnaître dans Corpse Bride d’ailleurs).